Abou Diarra

Abou Diarra

Abou Diarra2 - Festival Les Berniques en Folie - L'Ile d'Yeu - Crédit photo Victor Delfim

Vendredi 26 octobre 2018 – 19h30 au BDM – entrée gratuite


Abou Diarra compte parmi ces artistes rares qui ne s’engagent dans un nouvel album qu’après y avoir été poussés par une nécessité intérieure profonde.

A la fois attaché aux traditions mandingues recueillies dans son pays natal, le Mali, et soucieux d’évolutions inédites, il sait ne rien précipiter, attendre patiemment que le temps soit venu, puis mobiliser toute sa créativité pour transformer cet impératif en musique. Les modes et les tendances l’indiffèrent donc, tout comme les raisons accidentelles qui ont pu l’amener à la composition de tel ou tel titre.
Ainsi a t-il conservé pendant plusieurs années les magnifiques parties de flûte peuhl et mandingue enregistrées pour lui par Cheikh Diallo et Simon Winsé. Si on les entend aujourd’hui dans Koya Blues et Djalaba, c’est que la nécessité de les utiliser est finalement apparue, au moment où ce nouveau projet se dessinait.

 J’ai voulu changer de chemin pour voir ce que ça donnerait, explique-t-il. Pour les Européens et les Américains, les musiques d’Afrique de l’Ouest se ressemblent beaucoup, ce sont toujours les mêmes arrangements. Alors, j’ai réfléchi à ce que je voulais. Je n’ai pas décidé tout d’un coup. Chaque chose a son temps. Le temps n’était pas encore arrivé. Quand le temps est arrivé, je m’y suis mis.

Chose moins paradoxale qu’il n’y paraît, c’est ce rapport très particulier au temps qui rend Abou si moderne. Telle qu’il la raconte, sa vie s’est déroulée hors des marqueurs de notre époque, dans une atemporalité où le pouvoir des images, de la parole et des symboles se révèle beaucoup plus déterminant que celui de la technologie.
Pas d’informatique, pas de trajets ultra-rapides, pas de déconnexion entre l’individu et son destin.

Longtemps, Abou a marché, tout seul. A la recherche d’un instrument, il a trouvé le kamele n’goni (luth/harpe), puis un maître, le musicien aveugle Vieux Kanté qui l’a accepté chez lui pour lui enseigner longuement les traditions et leurs plus secrètes combinaisons. Avec un tel bagage, le jeune homme aurait pu se contenter d’enseigner à son tour – c’est d’ailleurs une partie de son activité artistique. Mais pour un esprit aussi libre et curieux, la tradition devait continuer de vivre, et pour cela se nourrir de nouveaux échanges.

 

 

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